Terra 21 août 2014 à 08h00 | Par Lucie de Castro

Vous avez reçu un mail, objet : alerte exploitants agricoles

"Alerte exploitants agricoles" a été enclenché dans les Côtes d'Armor le 6 août à la préfecture de Saint Brieuc. Etaient présents pour signer la convention : Pierre Soubelet, le préfet, Olivier Allain, le président de la chambre d'agriculture 22 et par les représentants de la gendarmerie et de la police. Le lendemain, le premier mail de la gendarmerie départementale indiquant un vol de carburant dans un cuve à Kergrist-Moelou a été transmis à tous les adhérents des deux syndicats, la FDSEA22 et les JA22, avec comme intermédiaire la chambre d'agriculture 22. Le dispositif d'alerte par SMS est en cours de mise en place et le périmètre concerné par chaque alerte est encore à déterminer. Explications.

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Olivier Allain, président de la chambre des Côtes d'Armor et Pierre Soubelet, le préfet des Côtes d'Armor ont signé, aux côtés des commandants du groupement de gendarmerie départementale et de la sécurité publique, la convention établissant un dispositif d'alerte des agriculteurs.
Olivier Allain, président de la chambre des Côtes d'Armor et Pierre Soubelet, le préfet des Côtes d'Armor ont signé, aux côtés des commandants du groupement de gendarmerie départementale et de la sécurité publique, la convention établissant un dispositif d'alerte des agriculteurs. - © Terra

Basé sur le même principe qu' "Alerte commerces" lancé en juin 2013 en Ille-et-Vilaine et en novembre 2013 dans les Côtes d'Armor, le nouveau dispositif "Alerte exploitants agricoles" continue d'étendre un système d'alerte et de vigilance pour lutter contre les vols. Le principe est simple : alerter rapidement les 300 agriculteurs des JA22 et les 1 500 de la FDSEA22 lorsqu'un méfait est commis. Les acteurs engagés sont d'une part, la gendarmerie via son centre d'opérations et de renseignements, et d'autre part, la chambre d'agriculture 22, la FDSEA22 et les JA22 en charge de transmettre l'informations par mail ou sms aux agriculteurs concernés. Selon les éléments de la convention, les messages d'alertes diffusés doivent se limiter à des informations préventives. Il est interdit de divulguer toute information judiciaire confidentielle. Autrement dit, les messages ne contiendront aucune information relative à l'identité présumée ou au signalement du ou des auteurs ainsi qu'au véhicule utilisé.

Le point de départ d'une

Conclue pour une durée de trois ans et renouvelable, cette convention constitue le premier pas vers une démarche de sensibilisation des exploitants sur les questions de sécurité. L'alerte par sms que prévoit cette convention a pour but de favoriser le bouche à oreille et la solidarité entre agriculteurs. Les JA22 et la FDSEA22 utilisent déjà une plateforme en ligne qui permet d'envoyer des sms groupés selon des listes prédéfinies. A ce jour, le budget dédié à l'utilisation de cet outil dans le cadre de la convention n'a pas encore été établi. A terme, pour ne pas perdre en pertinence, des listes par pays ou par canton devraient être créées afin de prévenir uniquement les personnes aux alentours. Olivier Allain indique que "c'est la proximité de terrain qui fait l'efficacité". En complément, Pierre Soubelet, le préfet des Côtes d'Armor, informe qu'il ne voit "pas d'obstacle à ce que le dispositif soit étendu à d'autres partenaires". La chambre d'agriculture prévoit de faire intervenir les "référents sûreté" de la  gendarmerie lors de réunion d'informations sur le vols, prévues au mois de janvier. La création de plaquettes à distribuer est également en cours de réflexion.

Des cibles faciles

Le colonel Philippe Leclercq signale "qu'il existe un suivi statistique spécifique pour la catégorie professionnelle des exploitants agricoles tellement le phénomène a prit de l'ampleur au niveau national". Peu touchés jusqu'ici, les agriculteurs sont vulnérables car ils ne possèdent pas, selon les services de l'état, de "culture sécuritaire". De nombreux facteurs sont particulièrement favorables aux malfaiteurs sur les exploitations agricoles : hangars ouverts, sites isolés et matériels de valeurs constituent une combinaison idéale pour les voleurs. Oliver Allain indique qu'il est très facile de s'emparer du petit matériel et de l'outillage. En quelques minutes, il est possible de repartir avec un butin pouvant aller jusqu'à 10 000 euros dans certains cas. Mais la situation du département des Côtes d'Armor est à relativiser face à des vols de gros engins de plusieurs milliers d'euros dans d'autres régions françaises, notamment à proximité des frontières.

Le round baller de Michel Lamezec a disparu du hangar
 où il était entreposé. Un fait rare et traumatisant pour 
cet agriculteur qui veut mettre en garde la profession.
Le round baller de Michel Lamezec a disparu du hangar où il était entreposé. Un fait rare et traumatisant pour cet agriculteur qui veut mettre en garde la profession. - © Terra

"On m'a volé mon round baller"

Michel Lamezec est agriculteur à Bourbriac dans les Côtes d'Armor. Seul sur son exploitation, il élève 42 vaches laitières et cultive 58 hectares. Son parc matériel est classiquement constitué de quatre tracteurs, deux remorques, une charrue, un canadien, un semoir, un plateau et un pulvérisateur.

Il détenait également un round baller qu'il s'est fait volé récemment. Il s'agissait de son dernier achat en 2010. En plus de la perte sèche de 8 000 euros, Michel explique que "moralement, ça secoue. Ca fait mal au cœur, on tient à son matériel mine de rien" et ajoute "je n'ai même pas fait mes ensilages d'herbe tellement j'étais perturbé". Depuis l'incident, Michel enlève toutes les clefs de ses machines ainsi que la rallonge de sa cuve à fioul. Il va même plus loin en mettant un tracteur en barrage pour éviter qu'un véhicule puisse accéder à la cour et aux hangars. Il espère que son cas restera une exception et que la convention permettra de lutter contre les vols grâce à plus de vigilance et de solidarité entre agriculteurs.

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